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Recherche d’héritiers : l’oncle d’Amérique n’est plus une légende...

mercredi 26 mai 2010, par soon7

"Le Progrès" publié le 25.05.2010

La généalogie successorale permet de retrouver des héritiers. Enquête sur un métier peu connu exercé par l’étude Guenifey à Lyon.

Genilac, dans la vallée du Gier. Il y a quelques semaines, Maurice Mayère, retraité de Giat Industries décroche son téléphone. A l’autre bout du fil, son interlocuteur lui annonce le décès d’un vieux cousin dont il n’a jamais entendu parler... L’homme lui affirme qu’il doit hériter d’une partie du patrimoine du défunt.

« Sur le coup, j’ai pensé à une plaisanterie, raconte Maurice Mayère. Mais, avec tous les éléments que me donnait ce cabinet de généalogie, j’ai compris que l’affaire était sérieuse »... Le défunt est un cousin très éloigné de Maurice Mayère. Fils unique, célibataire et sans enfant. C’est un voisin qui a alerté le notaire, au lendemain du décès. Et pour régler la succession, le notaire lyonnais a fait appel à l’étude Guenifey de Lyon pour effecter des recherches généalogiques et retrouver d’éventuels héritiers.

En moins de six mois, Geneviève Michelin, directrice régionale et son équipe de chercheurs, vont remonter jusqu’aux arrière-grands-parents du défunt et retrouver sept héritiers dans la ligne paternelle et deux dans la ligne maternelle, dont Maurice Mayère qui était loin d’imaginer qu’une de ses cousines, née en 1914, également héritière, vivait à quelques kilomètres de chez lui, à La Grand-Croix... Mais Maurice Mayère ne rêve pas. S’il sait qu’il va hériter, il se doute bien que la fortune léguée ne sera pas colossale... Quelques jours après l’appel téléphonique, il reçoit chez lui Geneviève Michelin qui lui propose de signer une convention de révélation pour cette succession qu’il reconnaît ignorer, ainsi qu’un document qui permettra de le représenter lors des opérations de règlement de la succession, moyennant divers frais et honoraires, calculés en fonction du lien de parenté avec le défunt et du montant de l’actif de la succession.

C’est à ce moment que Maurice Mayère découvre le montant de l’héritage : 85 000 euros à partager en neuf ! « Pour moi, c’était de l’argent qui tombait du ciel », affirme sereinement aujourd’hui l’héritier... Maurice Mayère a fait les comptes. Au final, il empochera 2 000 euros... Car au passage, tout le monde va prendre sa part du gâteau. L’État, d’abord, à hauteur de 60 % ; puis le cabinet qui a effectué de longues recherches, qui auront duré parfois plusieurs mois.

Dans la Loire, une dizaine de généalogistes (indépendants ou détachés par de grands cabinets nationaux) travaillent à la recherche d’héritiers. L’année dernière, Geneviève Michelin a travaillé sur une quarantaine de dossiers dans le département, dont un pour lequel il a fallu retrouver une cinquantaine d’héritiers. Et si pour le plus souvent, les sommes à partager restent faibles, pour certains, c’est un vrai pactole, à l’image de ce dossier pour lequel cinq héritiers se sont partagé cinq millions d’euros... Outre les rentrées d’argent inattendues, la généalogie successorale permet aussi aux familles de se retrouver. Un vrai bonheur lorsqu’il s’agit de cousins jusque-là inconnus. Mais parfois aussi, une vraie douleur lorsque des enfants cachés apparaissent. La succession peut alors avoir comme un parfum de trahison...