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Passion créole

jeudi 24 décembre 2009, par soon7

En ces temps de coutumes durant les fêtes de fin d’année, nous vous présentons un extrait en créole sur « la passion de notre seigneur selon Saint-Jean ». Ce document montre comment s’écrivaient les textes anciens au moyen d’une écriture assez familière et des tournures bien spécifiques.

Traduction.

La passion de Notre S. selon St Jean

En ce temps-là, comme le jour de Pâques était proche, tous ces prêtres

L’écriture

L’écriture très ronde a été fort répandue. Cette forme est très proche de la nôtre et n’offre aucune difficulté de lecture. Les formes archaïques des lettres, qui rendent difficile la lecture des écritures anciennes, ont disparu. (…) L’usage aléatoire des majuscules se place également dans une longue tradition. Pour le reste, cette graphie est pratiquement la nôtre. De même, la distinction entre ‘u’ d’une part et ‘n’ d’autre part est très claire : ligature des jambages par le bas dans un cas, par le haut dans l’autre. La ponctuation est présente (…), de même, l’accentuation, jadis inexistante, sans être systématique, existe (….). Quant aux abréviations, il n’en reste que deux, qui nous sont encore habituelles ; elles se trouvent dans le titre : ‘S’ pour « Seigneur » et ‘St’ pour « saint ».

La langue

La principale difficulté ici est la langue. Comme beaucoup d’autres, la langue créole est restée longtemps purement orale. Mais les missionnaires éprouvèrent le besoin de la mettre par écrit. Comment écrire les sons ? Que le français soit à la base du créole, c’est incontestable, vu le nombre de mots français qui y est utilisé (…). Mais il contient par ailleurs suffisamment de mots déformés, du moins par rapport à la langue habituelle, et de tournures spécifiques pour être difficilement compréhensible. D’où la traduction proposée.

Le document

L’extrait présenté ici est le début d’un récit de onze pages manuscrites. Il s’agit de la passion selon St Jean ; en réalité, c’est plutôt une synthèse dans laquelle sont également insérés des passages des évangiles synoptiques. Ce document pourrait provenir du nord de Saint-Domingue et avoir pour auteur le jésuite Pierre Boutin, qui y demeura de 1705 à sa mort en 1742. La forme scripturale et la langue utilisée permettent de penser qu’il a pu être écrit vers 1730-1740 dans un but catéchétique. Il présente un intérêt linguistique particulier, car il serait un rare témoignage de la langue parlée par les esclaves, moins francisée.

Le présent extrait , en créole, montre une écriture assez familière et des tournures bien spécifiques qui méritent une traduction